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Caractéristiques de la forêt et de la filière bois

La surface forestière du Pays Bourian s'élève à 49 683 ha, ce qui représente une couverture de 53 %.

La Bouriane est une région forestière reconnue. Elle se distingue par des essences diversifiées, avec des chênes de variétés différentes, de quelques conifères mais surtout de châtaigniers, qui représentent le symbole identitaire de la Bouriane. Mais le Pays Bourian, au sens de territoire de projets, comprend également des zones de causses, caractérisées surtout par la présence de chênes pubescents. Les 80% de feuillus qui composent le Pays Bourian sont donc partagés pour moitié entre les essences de chêne et de châtaigniers. Les trois essences dominantes, chênes, châtaigniers et pins sont essentiellement composés sous forme de taillis ou mélange futaie-taillis.

Une forêt multifonctionnelle

Elle assure simultanément les rôles :

  • de production, mesurée par la récolte des bois
  • de maintien de la biodiversité, par des milieux préservés qu'elle procure aux espèces animales et végétales remarquables
  • de protection, notamment contre l’érosion, la régularisation et l'amélioration de la qualité des eaux, de fixation de CO2
  • d'agrément, en offrant un cadre recherché pour diverses activités de loisirs
  • Ces multiples fonctions ne sont véritablement assurées qu'au sein des forêts régulièrement entretenues et régénérées.

Une propriété privée, de petite taille et morcelée

La forêt du Pays Bourian est constituée de propriétés privées (à 99%, 11 050 propriétaires), de petites tailles et morcelées (4,5 ha en moyenne ; 50% des parcelles font moins de 1ha). Cette caractéristique impose de regrouper préalablement un certain nombre de chantiers afin d'atteindre une surface autorisant la réalisation de travaux forestiers dans des conditions techniques et économiques raisonnables.

Une autre caractéristique : 40% de la surface forestière est détenue par des agriculteurs. Cette forêt paysanne est un atout : pour certains agriculteurs, la forêt est une composante majeure de leur activité. L'activité sylvicole peut constituer une diversification pour d'autres. Dans tous les cas, l'exploitation forestière peut constituer un apport de revenu non négligeable, dans un secteur agricole qui est actuellement en perte de vitesse.

Les débouchés

Les débouchés sont différenciés selon les diamètres : bois d’industrie (trituration), du bois de sciage (charpente…), du bois de menuiserie et ébénisterie. La Bouriane produit traditionnellement des billes à parquet de châtaignier obtenues par coupe rase tous les 25/30 ans. Les entreprises utilisatrices sont situées à proximité dans le Lot, le Lot et Garonne, ou la Dordogne.

Les trois essences principales représentent un volume sur pied de plus de 1 800 000 m3 (données 2003) :

  • Châtaignier : 815 760 m3
  • Chêne (sauf pubescent) : 327 340 m3
  • Pin maritime : 669 280 m3

Mais il est important de préciser que cette surface n’est pas exploitable en totalité, soit car elle regroupe des bois n’ayant pas atteint leur maturité, soit parce que plusieurs contraintes rendent l’exploitation des bois mûrs impossible.

Même si la volonté Pays est d'accompagner le développement économique de la filière bois vers la production de bois d’œuvre, à forte valeur ajoutée, le bois énergie représente également une réelle opportunité de diversification. La volonté est de développer le bois énergie sans risquer de déséquilibrer les filières bois papier/panneau.

Une forêt sous exploitée

La surface forestière de production s'élève à 25 050 ha. La récolte de bois ne représente que 30 à 40 % de l’accroissement annuel de la forêt (60 % au niveau national). Son potentiel en matière première et le gisement d'emplois qu'elle représente sont donc largement sous-exploités (2 000 m3 de bois mobilisés permettent la création d’un emploi).

Une absence de tradition forestière chez les propriétaires...

La tradition forestière chez les propriétaires s’est étiolée en Bouriane et dans le Lot, contrairement à d’autres régions proches (Périgord, Limousin). De manière progressive, les propriétaires forestiers ont abandonné leurs parcelles, dans certains cas en raison de leur éloignement de la région, mais surtout car leur exploitation se solde généralement par un déficit. Par ailleurs, de nombreuses forêts sont conduites dans une optique de cueillette, sans véritable gestion. C’est la « forêt tirelire » dans laquelle sont opérés des prélèvements ponctuels pour la satisfaction de besoins immédiats. Le regroupement de chantiers est nécessaire afin d’atteindre une surface autorisant la réalisation de travaux forestiers dans des conditions techniques et économiques raisonnables.

...mais une tradition artisanale bois encore ancrée au territoire

Si la tradition forestière chez les propriétaires a disparue, l’identité artisanale des métiers de la forêt et du bois reste présente sur le territoire. La Bouriane a une activité économique traditionnellement artisanale, et détient d’ailleurs la densité artisanale la plus élevée du Lot (299 artisans pour 10 000 habitants; contre 269), et est supérieure à la moyenne régionale (181) et nationale (142). Les 116 entreprises du bois du Pays Bourian, qui représentent 172 actifs et 20 % des entreprises de cette filière lotoise, sont réparties comme suit (données 2006):

  • exploitation forestière : 4
  • première transformation : 8 (qui ont parallèlement une activité d'exploitation forestière)
  • seconde transformation : 95
  • entreprises de services : 5

Une filière forêt-bois face à de nombreuses difficultés

Les entreprises de la filière forêt-bois sont face à de nombreuses difficultés, expliquées par la structure de la propriété, l'absence de gestion sylvicole, la dévalorisation des métiers manuels, etc....

Pour la filière exploitation forestière, malgré une demande aval relativement soutenue, la mobilisation doit surmonter un certains nombre de handicaps, liés à :

  • la qualité des bois, souvent insuffisante
  • la structure des propriétés
  • des dessertes inadaptées ou inexistantes
  • des peuplements inadaptés à l’abattage mécanisé
  • la pénurie de main d’œuvre qualifiée (bûcheronnage)

Concernant la première et seconde transformation, plusieurs difficultés:

  • L'approvisionnement de bois de qualité, en quantité. En raison de la diminution continue de la mobilisation et de la qualité de la ressource, ils ont été obligé de s’orienter vers des régions comme la Dordogne, le Limousin, Poitou Charente,etc. Le rayon moyen d’approvisionnement pour les professionnels de la transformation du bois est de 125km.
  • Pour ces métiers, il existe également un manque de main d’œuvre qualifiée (menuisier, charpentier)
  • Le vieillissement la pyramide des âges des chefs d’entreprise (86% des artisans ont plus de 40 ans), qui met en évidence l'enjeu de la transmission/reprise
  • Un manque de communication (les principes constructifs, les nouveaux matériaux, etc…)
  • Les nouveaux marchés de l'éco-construction sont peu investis par l'artisanat bois local
  • Peu de réseaux d'entreprises, peu de mutualisation de moyens